Bien-Être

Témoignage de Personnes ayant eu un Cancer de la Vessie : Récits de Patients

1 min de lecture

Lorsque j’ai rencontré Sophie, 52 ans, professeure de français dans un collège de Lyon, j’ai tout de suite été frappée par son sourire lumineux et son énergie communicative. Difficile d’imaginer qu’il y a quatre ans, cette femme pétillante a traversé l’une des épreuves les plus difficiles de sa vie : un diagnostic de cancer de la vessie. Aujourd’hui en rémission, Sophie a accepté de partager avec nous son parcours, ses peurs, ses victoires et les leçons qu’elle en a tirées. Son témoignage est un message d’espoir pour tous ceux qui font face à cette maladie encore trop méconnue.

Article mis à jour en juillet 2026.

En bref : Sophie, 52 ans, raconte son cancer de la vessie diagnostiqué à 48 ans : du sang dans les urines comme premier signe, une résection transurétrale (RTUV), deux ans d’instillations de BCG, puis une rémission qui dure depuis quatre ans. Ce témoignage est complété plus bas par les chiffres et les spécificités du cancer de la vessie chez la femme.

📋 Sommaire de l’interview

🩺 Comment as-tu découvert que tu avais un cancer de la vessie ?

Sophie : Tout a commencé un matin d’octobre 2019. Je me suis levée pour aller aux toilettes et j’ai remarqué du sang dans mes urines. Au début, je me suis dit que c’était peut-être une infection urinaire, même si je n’avais pas de douleur particulière. J’ai attendu quelques jours en pensant que ça allait passer, mais le saignement persistait. C’était vraiment visible, pas juste quelques traces, mais une coloration rouge assez franche qui m’a vraiment inquiétée.

J’ai pris rendez-vous avec mon médecin généraliste la semaine suivante. Il m’a prescrit une analyse d’urine et une échographie. Quand les résultats sont arrivés, il m’a orientée en urgence vers un urologue. L’échographie avait révélé une masse suspecte dans ma vessie. Je me souviens que mon médecin a été très direct mais bienveillant. Il m’a dit qu’il fallait investiguer rapidement, sans pour autant me paniquer. Dans ma tête, je refusais encore de penser au mot « cancer ». Je me disais que ça pouvait être bénin, un polype, n’importe quoi d’autre.

Le rendez-vous chez l’urologue a eu lieu quinze jours plus tard, ce qui m’a semblé une éternité. Il a pratiqué une cystoscopie dans son cabinet, un examen où il introduit une petite caméra dans la vessie. C’est à ce moment-là qu’il a vu la tumeur. Il m’a expliqué qu’il fallait l’enlever et faire une biopsie pour savoir exactement de quoi il s’agissait. Mon monde s’est effondré ce jour-là.

😢 Quelle a été ta première réaction à l’annonce du diagnostic ?

Sophie : L’annonce officielle du cancer est arrivée après la résection de la tumeur et l’analyse anatomopathologique. J’étais dans le bureau de mon urologue avec mon mari, et quand il a prononcé les mots « carcinome urothélial », j’ai eu l’impression que le sol se dérobait sous mes pieds. Mon premier réflexe a été de penser à mes enfants. Ils avaient 18 et 21 ans à l’époque, et je me suis immédiatement dit : « Je ne peux pas leur faire ça, je ne peux pas les laisser. »

J’ai pleuré, beaucoup pleuré. Mais bizarrement, après les premières heures de choc, une forme de combativité s’est installée. Je suis quelqu’un d’assez pragmatique dans la vie, et je me suis dit qu’il fallait que je me batte. Mon mari a été mon roc dès le début. Il m’a prise dans ses bras et m’a dit : « On va affronter ça ensemble, tu n’es pas seule. » Ces mots ont été d’un réconfort incroyable.

Ce qui m’a le plus angoissée au début, c’était l’inconnu. Je ne savais rien du cancer de la vessie. J’ai fait l’erreur de chercher des informations sur internet, et je suis tombée sur des forums avec des témoignages parfois très anxiogènes. Mon médecin m’a vite mise en garde contre cette pratique et m’a conseillé de ne me fier qu’aux sources médicales fiables et à son expertise. Il avait raison : chaque cas est unique, et se comparer aux autres n’apporte que du stress supplémentaire.

🏥 Quel parcours médical as-tu suivi après le diagnostic ?

Sophie : Après la confirmation du diagnostic, tout s’est enchaîné assez rapidement. Mon urologue m’a expliqué que j’avais un cancer de la vessie non infiltrant le muscle, ce qui était plutôt une bonne nouvelle dans le contexte. La tumeur avait été retirée lors d’une résection transurétrale, appelée RTUV, mais il fallait maintenant s’assurer qu’il n’y avait pas d’autres lésions et empêcher une récidive.

J’ai dû passer plusieurs examens complémentaires : un scanner thoraco-abdomino-pelvien pour vérifier qu’il n’y avait pas de métastases, et des analyses sanguines pour évaluer ma fonction rénale. Heureusement, tout était localisé à la vessie. Mon équipe médicale a alors décidé de me proposer un traitement par instillations de BCG, un traitement immunothérapique qui consiste à introduire directement dans la vessie une solution contenant le bacille de Calmette et Guérin.

Le protocole prévu était assez lourd : six instillations hebdomadaires, puis des instillations d’entretien tous les trois mois pendant deux ans. Mon urologue m’a bien expliqué que ce traitement était le plus efficace pour réduire le risque de récidive dans mon type de cancer. Il m’a aussi prévenue des effets secondaires possibles : irritation de la vessie, symptômes pseudo-grippaux, besoin fréquent d’uriner. J’ai accepté sans hésiter. Je voulais mettre toutes les chances de mon côté.

⚕️ Comment s’est déroulée ta première intervention chirurgicale ?

Sophie : La résection transurétrale de la vessie a été ma première vraie confrontation physique avec la maladie. J’étais très angoissée la veille de l’opération. On m’avait expliqué que l’intervention se faisait sous anesthésie générale ou rachianesthésie, et que le chirurgien allait passer par l’urètre avec un instrument appelé résectoscope pour retirer la tumeur. Pas d’incision externe, ce qui était rassurant, mais l’idée même de l’intervention me terrifiait.

Le jour J, l’équipe de l’hôpital a été formidable. L’anesthésiste est venu me voir, m’a rassurée, et quand je me suis réveillée, tout était déjà fini. J’avais une sonde urinaire qui me gênait beaucoup, et je voyais du sang dans la poche de recueil, ce qui était normal selon les infirmières. Les premières heures ont été inconfortables : j’avais mal au bas-ventre, une sensation de brûlure, et l’envie constante d’uriner à cause de la sonde.

Je suis restée hospitalisée deux jours. La sonde a été retirée le lendemain, et j’ai pu uriner normalement, même si c’était douloureux les premiers jours. On m’a conseillé de boire énormément d’eau pour « nettoyer » la vessie. Je suis rentrée chez moi avec une ordonnance d’antalgiques et des consignes de repos. Il a fallu attendre une dizaine de jours pour avoir les résultats de l’analyse de la tumeur, dix jours d’angoisse intense où je scrutais chaque appel téléphonique.

💉 Peux-tu nous parler des traitements au BCG ?

Sophie : Les instillations de BCG ont été une étape marquante de mon parcours. La première a eu lieu environ six semaines après ma chirurgie, le temps que ma vessie cicatrise complètement. Le principe est simple à comprendre mais étrange à vivre : on introduit par un cathéter une solution contenant des bactéries vivantes atténuées directement dans la vessie. Ces bactéries vont stimuler le système immunitaire local pour qu’il détruise les cellules cancéreuses résiduelles.

La procédure en elle-même n’est pas douloureuse, juste désagréable. On m’installait sur une table, on désinfectait la zone, puis l’infirmière introduisait délicatement le cathéter. Une fois la solution injectée, je devais la garder dans ma vessie pendant deux heures en changeant régulièrement de position pour que le produit tapisse bien toutes les parois. Ces deux heures étaient difficiles : j’avais une envie pressante d’uriner, et je devais me retenir. Je regardais l’horloge toutes les cinq minutes.

Les effets secondaires sont arrivés progressivement. Dès la troisième instillation, j’ai commencé à ressentir des symptômes grippaux le jour même du traitement : fièvre légère, courbatures, fatigue intense. J’avais aussi des brûlures terribles en urinant pendant deux ou trois jours après chaque séance. Boire beaucoup d’eau aidait, comme me l’avait conseillé mon médecin. J’évitais aussi le café et l’alcool qui irritaient encore plus ma vessie. Certaines semaines, j’avais l’impression que ma vie tournait uniquement autour de ces traitements et de leurs conséquences.

Le plus dur a été la durée du traitement. Deux ans d’instillations d’entretien, c’est long psychologiquement. À chaque rendez-vous, je revivais mon statut de « malade ». Mais je m’accrochais aux paroles de mon oncologue qui me répétait que c’était le meilleur protocole pour éviter une récidive. Et aujourd’hui, je peux dire que ça en valait la peine.

Les instillations de BCG relèvent de l’immunothérapie : la solution stimule le système immunitaire pour qu’il élimine lui-même les cellules cancéreuses résiduelles, plutôt que d’agir directement comme une chimiothérapie. D’autres patients traités par immunothérapie pour d’autres cancers décrivent un parcours souvent marqué par les mêmes hauts et bas, comme le montrent ces témoignages de patients traités par immunothérapie.

😰 Quelles ont été les principales difficultés physiques et psychologiques ?

Sophie : Physiquement, au-delà des effets du BCG dont je viens de parler, j’ai vécu avec une fatigue chronique pendant presque toute la durée des traitements. Je rentrais de mes instillations et je devais m’allonger. En tant qu’enseignante, j’ai dû adapter mon emploi du temps et demander un mi-temps thérapeutique pendant plusieurs mois. C’était frustrant car j’adore mon métier et mes élèves, mais je n’avais plus l’énergie nécessaire pour tenir des journées complètes.

Les troubles urinaires ont aussi été très pénibles. Pendant les périodes de traitement, j’allais aux toilettes toutes les heures, parfois plus. La nuit, je me levais trois ou quatre fois. Mon sommeil était complètement perturbé, ce qui aggravait ma fatigue. J’ai aussi eu des épisodes d’incontinence urinaire d’urgence qui m’ont beaucoup embarrassée. J’ai dû porter des protections, ce qui était difficile à accepter à 48 ans. Heureusement, ces symptômes se sont atténués progressivement après la fin des traitements.

Psychologiquement, le plus dur a été de vivre avec la peur permanente de la récidive. Le cancer de la vessie a un taux de récidive élevé, et mon médecin me l’avait clairement expliqué. Chaque cystoscopie de contrôle était un moment d’angoisse terrible. Les jours précédents, je dormais mal, j’étais irritable, et j’imaginais le pire. Même un simple besoin d’uriner plus fréquent me faisait paniquer : « Et si ça revenait ? »

J’ai aussi traversé des phases dépressives. Il y a eu des moments où je me demandais si j’allais m’en sortir, si ma vie redeviendrait normale un jour. Je pleurais pour un rien, je m’isolais. Mon mari me poussait doucement à sortir, à voir des amis, mais j’avais du mal. J’ai fini par consulter une psycho-oncologue à l’hôpital, et ça m’a énormément aidée à mettre des mots sur mes émotions et à développer des stratégies pour gérer mon anxiété.

❤️ Comment ton entourage a-t-il réagi et t’a-t-il soutenue ?

Sophie : Mon mari a été absolument extraordinaire. Il m’a accompagnée à tous mes rendez-vous médicaux, a pris des notes quand j’étais trop bouleversée pour écouter, et a géré toute la logistique à la maison quand j’étais trop fatiguée. Il a appris à cuisiner des plats qui ne m’irritaient pas la vessie, il a fait les courses, le ménage, tout. Sans lui, je ne sais pas comment j’aurais tenu. Il a aussi su me faire rire dans les moments les plus sombres, me rappeler que j’étais toujours la femme qu’il aimait, pas seulement une patiente.

Mes enfants ont réagi différemment. Ma fille aînée, qui était déjà à l’université, est devenue très protectrice. Elle m’appelait tous les jours, rentrait tous les week-ends. Mon fils, plus jeune et encore au lycée, a eu plus de mal à gérer ses émotions. Il s’est un peu refermé sur lui-même au début. On a dû avoir des discussions franches tous ensemble, avec l’aide d’une psychologue, pour qu’il puisse exprimer ses peurs. Aujourd’hui, je pense que cette épreuve nous a rapprochés, même si le chemin a été difficile.

Mes amis proches ont été présents, mais j’ai aussi constaté que certaines personnes s’éloignaient. Le cancer fait peur, et certains ne savent pas comment réagir. J’ai eu des collègues qui ne me demandaient plus de nouvelles, comme si j’étais devenue contagieuse. Ça m’a blessée. En revanche, j’ai été surprise par le soutien de personnes que je connaissais moins bien : une voisine qui m’apportait des plats cuisinés, une collègue qui m’envoyait des messages d’encouragement chaque semaine.

Ma famille élargie a aussi été d’un grand soutien. Ma sœur venait régulièrement pour me changer les idées, m’emmener prendre un café, faire du shopping. Ces moments de normalité étaient précieux. Mes parents, même s’ils étaient eux-mêmes très inquiets, ont essayé de rester positifs devant moi. Je sais que ma mère priait beaucoup, même si on n’est pas particulièrement croyants dans la famille.

🤝 As-tu trouvé du soutien auprès d’associations ou de groupes de patients ?

Sophie : Au début, je n’avais pas pensé à chercher du soutien auprès d’associations. C’est mon infirmière coordinatrice en oncologie qui m’a parlé de Cancer Vessie France et d’autres organisations. Elle m’a donné leurs coordonnées et m’a encouragée à les contacter. J’ai d’abord hésité, je me disais que je pouvais gérer seule avec ma famille, mais j’ai finalement franchi le pas trois mois après mon diagnostic.

J’ai d’abord contacté une ligne d’écoute où j’ai pu parler avec une bénévole qui avait elle-même eu un cancer de la vessie. Cette conversation a été libératrice. Pour la première fois, je parlais à quelqu’un qui comprenait vraiment ce que je vivais, les détails que je n’osais pas partager avec mes proches : l’embarras des problèmes urinaires, la peur à chaque goutte de sang, l’impression d’avoir un corps qui me trahissait. Elle m’a rassurée sur beaucoup de points et m’a conseillée sur des petites astuces pratiques pour gérer les effets secondaires.

J’ai ensuite participé à un groupe de parole dans ma région. Nous étions six ou sept patients à nous retrouver une fois par mois dans un local de l’hôpital. Ces rencontres sont devenues un rendez-vous précieux. On partageait nos expériences, nos victoires, nos rechutes aussi. Il y avait une vraie solidarité, une compréhension mutuelle qu’on ne peut trouver qu’entre personnes qui vivent la même chose. On riait aussi beaucoup, ce qui peut sembler étrange, mais l’humour nous aidait à dédramatiser.

Ces associations m’ont aussi fourni de la documentation claire et fiable sur la maladie, les traitements, les droits des patients. J’ai appris que je pouvais bénéficier d’une prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie, que j’avais droit à un accompagnement social. Toutes ces informations pratiques m’ont beaucoup aidée. Aujourd’hui, je suis moi-même devenue bénévole pour accompagner d’autres patients. C’est ma façon de redonner ce que j’ai reçu.

🔍 Comment gères-tu aujourd’hui la surveillance et la peur de la récidive ?

Sophie : La surveillance fait maintenant partie de ma vie. Les premières années, je devais faire une cystoscopie tous les trois mois, puis tous les six mois, et maintenant une fois par an. Chaque examen est encore un moment de stress, je ne vais pas mentir. Les jours qui précèdent, je suis plus nerveuse, j’ai du mal à me concentrer. Mais j’ai appris à mieux gérer cette anxiété avec le temps et les techniques que m’a enseignées ma psychologue : respiration, visualisation positive, ancrage dans le présent.

Le jour de l’examen, je me fais accompagner par mon mari. La cystoscopie elle-même ne dure que quelques minutes, mais l’attente avant et après est toujours éprouvante. Quand le médecin me dit que tout est normal, c’est comme si je pouvais enfin respirer à nouveau. Je me sens légère, soulagée, et je me dis que j’ai gagné trois mois, six mois, un an de tranquillité. Mais je sais que cette épée de Damoclès sera toujours là, c’est la réalité du cancer de la vessie.

J’ai aussi appris à être très attentive aux signaux de mon corps. Le moindre saignement urinaire, même minime, et je consulte rapidement. Je ne prends plus aucun symptôme à la légère. Certains pourraient dire que je suis devenue hypocondriaque, mais je préfère dire que je suis vigilante. Le dépistage précoce fait toute la différence avec ce type de cancer.

Au quotidien, j’essaie de ne pas laisser la maladie définir qui je suis. Je suis retournée travailler à temps plein, je profite de mes petits-enfants qui sont nés depuis, je voyage avec mon mari. Je vis pleinement, en essayant de ne pas gaspiller mon énergie à m’inquiéter de choses qui ne sont pas encore arrivées et n’arriveront peut-être jamais. C’est un équilibre fragile entre vigilance et lâcher-prise, mais j’y arrive de mieux en mieux.

💪 Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui vient d’être diagnostiqué ?

Sophie : Le premier conseil que je donnerais, c’est de ne pas rester seul face à la maladie. Parlez-en à vos proches, cherchez du soutien auprès d’associations, consultez un psychologue si nécessaire. Le cancer, c’est déjà assez dur physiquement, il ne faut pas en plus porter le poids psychologique tout seul. J’ai mis du temps à accepter d’avoir besoin d’aide, et je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt.

Deuxièmement, faites confiance à votre équipe médicale. J’ai eu la chance d’avoir des médecins compétents et à l’écoute, mais même quand on a des doutes, il faut poser ses questions, exprimer ses craintes. Un bon médecin prendra le temps d’y répondre. Et si vous ne vous sentez pas en confiance, n’hésitez pas à demander un deuxième avis. C’est votre droit et c’est important pour votre tranquillité d’esprit.

Troisièmement, évitez de trop chercher d’informations sur internet, surtout sur les forums non modérés. Chaque cancer est différent, chaque patient réagit différemment aux traitements. Ce qui est arrivé à quelqu’un d’autre ne vous arrivera pas forcément. Concentrez-vous sur votre propre parcours et fiez-vous aux sources médicales fiables et à votre médecin.

Ensuite, prenez soin de vous physiquement. Même quand on est fatigué, essayez de maintenir une activité physique douce : marche, yoga, natation. Ça aide à garder le moral et à mieux supporter les traitements. Mangez équilibré, hydratez-vous bien, surtout si vous avez des problèmes de vessie. J’ai découvert que certains aliments irritaient moins ma vessie que d’autres, et j’ai adapté mon alimentation en conséquence.

Enfin, gardez espoir. Je sais que c’est facile à dire, mais le cancer de la vessie, surtout quand il est détecté tôt, se soigne bien. Il y a eu d’énormes progrès ces dernières années, et les traitements sont de plus en plus efficaces. Oui, le parcours est difficile, oui, il y a des moments de découragement, mais il y a aussi beaucoup de raisons d’espérer. Regardez-moi : quatre ans après mon diagnostic, je suis là, en rémission, et je vis une vie normale et heureuse. Vous aussi, vous pouvez y arriver.

🚺 Cancer de la vessie chez la femme : ce que montrent les chiffres

Le cancer de la vessie touche environ quatre fois moins de femmes que d’hommes, mais il est souvent repéré plus tardivement chez elles : le sang dans les urines est parfois attribué à tort à des règles, à des saignements post-ménopause ou à une simple infection urinaire. Un diagnostic posé plus tard réduit les chances de guérison, d’où l’intérêt de consulter dès le premier épisode d’hématurie, même isolé et indolore.

📊 Repères chiffrés

  • Le cancer de la vessie est environ 4 fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme, selon les données de la Ligue contre le cancer.
  • Le sang dans les urines (hématurie) est le symptôme d’alerte retrouvé chez la grande majorité des patients, d’après la Fondation ARC.
  • Selon l’Institut National du Cancer, la survie nette à 5 ans avoisine 49 % chez la femme, tous stades confondus (données pour les diagnostics posés entre 2010 et 2015).
  • Pour un cancer non infiltrant le muscle, comme celui de Sophie, pris en charge tôt, la survie à 5 ans dépasse généralement 80 à 90 %. Elle descend sous les 50 % lorsque la tumeur a envahi le muscle de la vessie.

Chez la femme, ce retard de diagnostic s’explique surtout par la confusion avec des troubles gynécologiques ou urinaires plus courants. C’est exactement ce qu’a vécu Sophie : elle a d’abord pensé à une infection urinaire avant que son médecin ne l’oriente en urgence vers un urologue. Le message des spécialistes est constant sur ce point, comme le rappelle la Fondation ARC : tout épisode de sang dans les urines mérite une consultation, y compris s’il ne se reproduit pas immédiatement.

📌 Points clés du parcours de Sophie

  • Âge au diagnostic : 48 ans
  • Symptôme d’alerte : Sang visible dans les urines (hématurie)
  • Type de cancer : Carcinome urothélial non infiltrant le muscle
  • Traitement principal : Résection transurétrale (RTUV) suivie d’instillations de BCG
  • Durée du traitement : 2 ans d’instillations d’entretien
  • Statut actuel : En rémission depuis 4 ans
  • Surveillance : Cystoscopie annuelle
  • Soutien : Famille, psycho-oncologue, associations de patients
  • Message principal : L’importance du dépistage précoce et du soutien psychologique

❓ Questions fréquentes sur le cancer de la vessie chez la femme

Le cancer de la vessie est-il fréquent chez la femme ?

Il est environ quatre fois moins fréquent chez la femme que chez l’homme, mais il est souvent détecté à un stade plus avancé, le sang dans les urines étant parfois attribué à tort à un trouble gynécologique plutôt qu’à un problème de vessie.

Quel est le premier symptôme à surveiller ?

Le signe d’alerte principal est la présence de sang dans les urines (hématurie), même sans douleur. Comme dans le témoignage de Sophie, ce saignement doit toujours être signalé à un médecin, même s’il ne survient qu’une seule fois.

Le cancer de la vessie peut-il être confondu avec une infection urinaire ?

Oui, c’est une confusion fréquente chez la femme, car les symptômes (brûlures, envies fréquentes d’uriner) se ressemblent. C’est pour cela qu’une analyse d’urine et, si besoin, une échographie ou une cystoscopie sont nécessaires pour écarter le doute.

En quoi consistent les instillations de BCG évoquées dans ce témoignage ?

Il s’agit d’un traitement d’immunothérapie administré directement dans la vessie après une résection transurétrale, pour réduire le risque de récidive. C’est le protocole que Sophie a suivi pendant deux ans, avec des instillations d’entretien.

Quel est le taux de survie du cancer de la vessie chez la femme ?

Il varie beaucoup selon le stade au diagnostic : il dépasse généralement 80 à 90 % à 5 ans quand la tumeur n’envahit pas le muscle de la vessie, contre moins de 50 % en cas d’atteinte musculaire.

Où trouver d’autres témoignages ou du soutien en cas de cancer de la vessie ?

Des associations comme Cancer Vessie France proposent des témoignages, des lignes d’écoute et des groupes de parole pour échanger avec d’autres patients, comme l’a fait Sophie après son diagnostic.

Je remercie chaleureusement Sophie d’avoir accepté de partager son témoignage avec autant de sincérité et de générosité. Son parcours illustre parfaitement les défis que représente un cancer de la vessie, mais aussi la force et la résilience dont nous sommes capables face à l’adversité. Son engagement actuel auprès d’autres patients montre que de cette épreuve peut naître quelque chose de beau : la volonté d’aider les autres à traverser ce qu’elle a elle-même vécu. Si vous êtes confronté à cette maladie, n’oubliez pas que vous n’êtes pas seul, et que comme Sophie, vous pouvez vous en sortir et retrouver une vie épanouie. D’autres parcours de patients face au cancer, comme ce témoignage sur le cancer du pancréas ou ce témoignage sur le cancer du poumon métastasé, montrent aussi qu’un diagnostic difficile n’empêche pas de retrouver espoir et une vie normale.